Grado de dificultad: 3 (Por el idioma).

Columnista: Roberto

« Je me rappelai le pis-aller d’une grande princesse à qui l’on disait que les paysans n’avaient pas de pain, et qui répondit : Qu’ils mangent de la brioche ».

Jean Jacques Rousseau – Les Confessions

Puisque la nouvelle est d’origine française, le présent articule le sera aussi.

Saint Tropez – Porte entre deux univers

Nouvelle trans-dimensionnelle

Récemment, une nouvelle, venue de France, est venue s’échouer dans les colonnes du « Washington Post », au chapitre « Europe » :

A billionaires’ compound with its own coronavirus testing center stokes anger on the French Riviera

En cause, les comportements de personnes qui ne sont, décidément, pas de notre monde, en période de quarantaine forcée.

Les lois de la mer

Or, j’ai un souvenir avec le lieu associé à cette nouvelle, le village portuaire méditerranéen de Saint Tropez.

Un groupe de cinq personnes (un peu dans le style du « Club des Cinq », mais en nettement plus vieux) avait loué un voilier.

De façon inhabituelle, nous étions en Méditerranée au lieu de la Bretagne.

Cette mer, aux courants traitres mais au climat agréable, était notre choix de cet été-là.

Et, forcément, nous sommes allés mouiller dans la rade de « Saint Trop ». C’était autant pour remplir notre réservoir d’eau que pour musarder sur le fameux quai.

L’anecdote est que remplir notre réservoir d’eau a failli nous causer des ennuis.

Non pas que l’eau potable soit réservée aux milliardaires qui viennent s’y amarrer.

Selon les lois de la mer : l’eau est offerte aux marins qui entrent à un port par la mer, quel que soit le port, et quel que soit le bateau.

L’incident fut notre ignorance de la pression d’eau nécessaire pour remplir les énormes cuves d’eaux des habituels paquebots yachts.

Le tube que nous avions inséré dans la bouche de notre réservoir a jailli dès que nous avons ouvert le robinet, arrosant la vitrine de Sénéquier

Le restaurant Sénéquier à Saint Tropez - Origen desconocido

Par chance, tôt le matin en en milieu de semaine, le quai était désert et les fenêtres de la façade du célèbre restaurant fermées.

Une fenêtre sur un autre univers

La photo en tête d’article décrit bien l’ambiance de cet étrange lieu ou deux mondes se côtoient sans se toucher.

Les ultrariches s’y pavanent en chaises longues sur le pont des paquebots yachts de luxe, devant les touristes ébahis par la taille des monstres flottants.

Bien des français (normaux) sont venus, chaque été, voir cette situation incongrue.

Pour les gens qui vivent loin de cet univers, autant géographiquement que socialement, il peut être difficile de comprendre.

Saint Tropez est un de ces quelques lieux où les élites ploutocratiques daignent partager un espace avec la plèbe.

Les ports de l’archipel des Açores, des Iles Vierges ou des Iles Caïman en sont d’autres. Hollywood ou Miami sont des équivalents américains.

Sauf que les histoires de science-fiction ou de fantastique qui parlent de portails entre dimensions se trompent.

De telles portes n’existent pas, juste des fenêtres, hermétiquement scellées.

La brioche…

L’information selon laquelle des élites de « Saint Trop » auraient leur propre laboratoire « exclusif » de détection du coronavirus a scandalisé …

Soyons clair : le problème, ici, est qu’ils se soient fait « chopper en flag ».

Que Saint Tropez soit en France est seulement anecdotique. Cela arrive dans d’autre lieux, sans que nous le sachions.

Au contraire, que l’article qui en parle soit américain n’est pas anodin.

Au même moment, aux Etats Unis, la classe sociale travailleuse est sensée risquer sa vie, pour préserver la fortune de gens qui la méprisent.

Note : un partie le fait déjà, et pas par héroïsme, seulement par nécessité absolue, comme partout ailleurs.

Ces gens qui les méprisent, qui NOUS méprisent, sont partout les mêmes !

« Qu’ils mangent de la brioche … » semble être la défense principale de ces fortunés, sur la crise actuelle.

Ne faisons pas l’erreur de croire que les américains nous en veulent : ce n’est pas de nous qu’ils parlent.

Ils se demandent, simplement, où se cache leur Saint Tropez à eux.

Au nom de TMN, j’adresse un salut à tous ceux qui regardent le monde depuis leur fenêtre.

Nous finirons par sortir. Les ultrariches, eux, resterons enfermés.

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