Grado de dificultad: 3 (Por el idioma)

Columnista: Roberto

« Celui qui n’avance pas recule »

Proverbe français

Un artículo en francés porque el origen de la noticia lo es (aunque el problema sea más amplio y que los demás harían bien en aprender la lección).

Un XXIème siècle long à se réveiller

La nouvelle est française et c’est autant la honte que la préoccupation qui motive le présent écrit.

Ce 21ème siècle avait commencé doucement (entendre ici « de façon décevante »).

Rien ne semblait avoir changé et, en fait, c’était l’idée général d’un monde néoconservateur :

Se servir d’une image de nouveauté pour cacher un retour vers le passé.

Pendant ce temps, les tenants de ce monde « rétro » accumulaient des ressources et du pouvoir. Il en était ainsi parmi toutes les élites, en particulier dans le milieu artistique, auquel appartiennent les jeux vidéo.

C’est seulement au cours du dernier lustre que le siècle s’est réveillé.

La mouvance écologique s’est souvenue que son silence la rendait complice du désastre du réchauffement climatique.

« Me Too » et « Balance ton Porc » ont enfin prospéré grâce aux révélations concernant des dépravés de l’élite dont je parlais plus haut.

Puis, avec la pandémie (COVID 19 ou SARS-CoV-2, selon l’humeur du moment), les évènements se sont accélérés.

Enfermés par obligation, nous nous sommes (un peu plus) intéressés à ce qui nous entoure… Et avons enfin compris que ce n’était pas reluisant.

Peuplé de gouvernants incompétents, de phynanciers voleurs égocentriques, de néonazis et d’abuseurs sexistes (sans compter les intégristes religieux), le tableau était hideux.

Note : Pardon, j’ai failli oublier le sempiternel racisme rampant.

« L’élite » des gamers

Une vieille histoire

Le 21ème siècle s’est enfin mis en mouvement. Le dernier en date à en sentir les effets est un monde dont beaucoup faisaient partie, et pourtant ignoraient en grande partie à quel point il était infecté.

Ce monde est celui des gamers, un peuple pacifique dans sa très grande majorité.

Nous, gamers, sommes, en principe, des gens paisibles et tolérants. Mais pas tous : notre « élite », qui devrait être comme nous, ne l’est pas.

Et elle nous fait honte.

Les crânes d’œufs de TMN étaient vaguement au courant de rumeurs qui couraient depuis quelques décades.

J’ai, personnellement, assisté à un incident inquiétant, il y a 20 ans. C’était à Paris, justement, dans une salle de jeux (qui servait aussi de café Internet, d’où ma présence dans ce lieu).

Les acteurs de l’incident sexiste et raciste étaient de jeunes gamers, mâles et visiblement déséquilibrés socialement.

Lorsque j’ai appris que le milieu des designers de jeux vidéo souffrait de ce mal, je n’ai pas été surpris. Plutôt attristé que, 20 ans après, rien n’ait évolué.

Sexisme ordinaire à Ubisoft

C´est Ubisoft, le « cador » français des jeux vidéo qui se retrouve sous les feux de l’actualité.

Un des logos oficiels de Ubisoft -Origine Ubisoft

Note perso : Le seul jeu de Ubisoft que je trouve acceptable est « Trackmania », malgré sa pauvre ergonomie et son graphisme basique.

Je considère les jeux Ubisoft esthétiquement beaux, mais très difficiles à jouer (pour ne pas dire injouable).

Contreproductif pour un jeu, quel qu’il soit.

Cette situation perdure parce que les chefs de cette entreprise sont « infallibles ». Pendant ce temps, je suis allé jouer ailleurs (il y a de la place).

Une journaliste de Numerama, Aurore Gayte, est parvenue à faire éclater le mur du silence avec trois article successifs récents :

« Une ambiance de boy’s club horrible » : l’industrie française du jeu vidéo est toujours aussi sexiste

Harcèlement sexiste et sexuel à Ubisoft : « Il a tenté de m’embrasser, tout le monde rigolait »

« Toi, je sais que tu veux ma bite » : à Ubisoft Monde, qui protège les femmes ?

Ubisoft parmi beaucoup d’autres

Une tradition corporative

Ces articles m’ont surtout rappelé des souvenirs corporatifs, jamais très loin de ce que décrit la journaliste.

Les corporations ne sont pas des démocraties. Dès le moment ou vous entrez dans les locaux d’une entreprise, vous quittez un pays libre.

Le mot « Inclusion » apparait à de nombreuses reprises dans le discours corporatif, reproduit dans les articles au-dessus. Il s’agit, en fait du même mot qui apparaît dans l’expression « Capitalisme inclusif ».

L’inclusion (oups !) du mot « Diversité » dans l’expression [Diversité et Inclusion] renforce sa vacuité.

Le simple fait de son existence dans le discours montre son absence dans les faits.

Tout est novlangue dans le discours corporatif, or la novlangue est un langage facile à interpréter.

L’expression « Direction des Ressources Humaines », quant à elle, dit clairement ce qui lui manque.

Les gens enfermés jouent beaucoup

Depuis ces articles, très récents, Ubisoft est devenu un chantre « de la Diversité et de l’Inclusion ». C’est d’ailleurs ce que prétend montrer la capture d’écran qui illustre cet article (site web français d’Ubisoft).

Fort bien ! Miraculeux ! Cela n’a, bien entendu, rien à voir avec la mauvaise publicité que les nouvelles récentes représentent, en période de quarantaine. Les gens enfermés jouent beaucoup, « toussa »

Ubisoft est-il le seule vilain de l’histoire ? Que nenni !

TMN a, récemment, encensé un jeu français, « Detroit : Become Human ». Sans grande surprise, Quantic Dream, son designer, est éclaboussé, comme le sont aussi Ankama et Riot Games.

Note : à ce propos, je vous recommande notre article « Twitch, nueva puerta hacia el infierno ».

Et il y a tous les autres, qui adoptent un profil surbaissé en ce moment.

Gageons que « l’exemple » Ubisoft se propagera, et que nous verrons apparaitre des jeux plus intéressants.

Soyons prudents et vigilants, cependant : les « cadors » en question attendent que les choses se calment pour revenir à leurs turpitudes « comme avant ».

C’est un des principes du postmodernisme.

Le principe d’hystérésis

« Me Too » et, plus tard, « Balance ton Porc » manquaient de nuances, c’est vrai. La campagne contre Ubisoft en manque aussi, probablement.

Ben oui, « c’est pas juste », quoi ! Pourquoi Ubisoft et pas les autres ?

Sauf qu’Ubisoft l’a mérité, et que cela va durer. Techniquement, cela s’appelle une hystérésis : il ne suffit pas de couper le courant pour que l’aimantation retombe à zéro…

C’est un principe que devraient apprendre toutes les élites actuelles.

Un dernier point :

L’expression « Monde du Jeu Vidéo », qui revient dans les discours, ne décrit pas les gamers, mais juste une petite élite autoproclamée.

Un champion de jeux vidéo est le contraire d’un gamer. Vous connaissez le dicton : le mieux est le mortel ennemi du bien (Montesquieu).

En attendant, comme le proclamait Alain Chabat, lorsqu’il faisait partie des « Nuls » :

« Bonjour à toutes et à toutes » (il n’y a pas de faute d’orthographe…)

Header Kirabytes