Grado de dificultad: 3 (por el idioma).

Columnista: Roberto

Pour cet article, j’ai découvert, à ma grande surprise, que très peu d’information était disponible sur Erwan Cario.

S’agissant d’un personnage important dans la communauté Internet française, je m’interroge sur la superficialité que nous avons atteinte.

Erwan Cario, inspirateur involontaire

Un article en français grâce à (ou à cause de) Erwan Cario

Voilà un bout de temps que je n’ai pas écrit dans ma langue maternelle. Un (court) éditorial d’Erwan Cario pour Libération me donne l’excuse parfaite pour le faire.

Le texte est le suivant :

Cher ChatGPT, tu es une escroquerie…

Après l’avoir lu (ce qui ne m’a pas pris longtemps) je me suis dit :

« Dommage ! Tant de choses à développer et si peu dit »

Il partait pourtant du bon pied, en écrivant :

« Ni fiable ni éthique, il ne s’agit en rien d’une intelligence supérieure mais juste d’un fascinant générateur de discours, où le sens est remplacé par la crédibilité ».

Puis, il cite des faits importants :

  • Les mécanismes qui permettent de générer un texte plausible,
  • Les biais qui viennent des données humaines ingurgitées par l’automate,
  • Et les bricolages utilisés pour, maladroitement, camoufler ces biais.

Les mots ont un sens …

Tout allait bien, jusqu’à ce qu’il dise :

« Pour tes utilisateurs, les mots ont un sens »

Là, j’ai tiqué. Voilà une erreur typique de Nerd (ou de crâne d’œuf, pour ceux qui préfèrent le terme français).

Car les humains, dans leur majorité, ne cherchent pas un sens dans les mots. Ils entendent mais n’écoutent pas, voient mais ne regardent pas, lisent sans comprendre, parlent sans réfléchir.

Ils considèrent que c’est du temps perdu dans une vie faite d’urgences. Pire : ils l’exigent des autres, et c’en est (constamment) déprimant.

C’est, je crois, la vraie raison pour laquelle ils aiment ChatGPT : parce qu’il les imite.

C’est pourquoi je considère qu’il reste intéressant : il me dit, implicitement, ce que les gens normaux pensent … Et aussi comment pensent ses concepteurs.

Trouvez l’erreur !

Toute vérité n’est pas bonne à dire (dans un journal)

Mais je comprends la prudence de Erwan : Libération est un grand journal, et ses lecteurs sont nombreux et divers.

Comme on dit, « toute vérité n’est pas bonne à dire » … Dans un journal, parce que dans un blog comme TMN, la prudence est moins de mise.

Ainsi que, ironiquement, il finit par faire la même chose que ChatGPT.

Mais je jetterai la pierre à un membre de la famille Nerd. Je préfère la jeter aux concepteurs des automates conversationnels.

Car j’ai noté que lorsque je me trompe, ChatGPT (ou Bard) se trompera aussi. Cela, un nerd peut le détecter et en tirer des leçons, mais pas immédiatement.

Une trop haute idée de l’humanité

J’en ai eu un exemple très récent lorsque j’ai questionné Bard sur Ewan Cario. Or, j’ai mal écrit son prénom qui est « Erwan » (manquait le « r »).

L’automate m’a répondu une ânerie, m’affirmant que Erwan avait écrit pour Le Figaro et pour Mediapart … Ce que je n’ai pas laissé passer (d’autres aurait accepté la réponse).

Bard aurait dû me signaler l’erreur qu’il avait clairement identifiée (d’où son épisode créatif). Il ne l’a pas fait, et cela est une faute des concepteurs.

Qu’en aurait-il été s’il avait amorcé un dialogue ? Comment résoudre une telle incertitude ? Très intéressante question !

Pour finir, cher Erwan, je trouve que vous avez une trop haute idée de l’humanité. C’est tout à votre honneur, mais, reconnaissons-le, nous ne sommes pas si évolués que ça …

L’humain est-il si supérieur à ChatGPT ?

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