Grado de dificultad: 3 (Por el idioma)

Columnista: Roberto

Este artículo está en idioma francés por su especificidad regional, a pesar de su tema tristemente universal.

Gérard Depardieu, comme Johnny Hallyday

Johnny Hallyday, juste en France

Un scandale (les gens adorent ce mot) fait, en ce moment, la une des journaux en France. Il s’agit, une fois de plus, d’une histoire de viol commis par un homme puissant.

Le nom du personnage impliqué n’évoquera sans doute rien pour les non-français : Gérard Depardieu … Mais peut-être suis-je trop sévère avec ma propre patrie.

Voyons : connaissez-vous Johny Hallyday ? Très probablement non plus et pour les mêmes raisons. Chaque pays a ses icônes, totalement inconnus à l’extérieur.

Mauvais garçon créé in-vitro

C’est le cas ici : Johnny Hallyday (Jean Philippe Smet, de son vrai nom) était chanteur. Il chantait, disons, une espèce de Rock pour de faux.

Johnny Hallyday (Jean Philippe Smet) en 1963 - Origen desconocido

Note : il est décédé en 2017.

Il ne composait pas les musiques, n’écrivait pas les paroles (je ne suis même pas certain qu’il les comprenait). Et il ne jouait (correctement) d’aucun instrument de musique.

Son seul apport était un certain air de « mauvais garçon » avec le phrasé et le ton qui allaient avec.

Cette création artificielle de maison de disques était l’idole des Français … Enfin, pas de tous, rassurez-vous.

Gérard Depardieu, dans son propre rôle

Ma théorie est que ses caractéristiques résonnaient avec une certaine peur de la médiocrité instillée par l’éducation française. Ainsi, ses followers – pardon, à l’époque on disait fans – ne se sentaient pas inférieurs à lui (et il était facile à imiter).

Hé bien Gérard Depardieu a beaucoup de points communs avec Jean Philippe Smet, à ceci près qu’il est acteur et toujours vivant.

Précisons que lui chante de façon très médiocre …

Il a été lancé par un film sarcastique-érotique de Bertrand Blier, « Les Valseuses », en 1974.

Trailer obtenu du canal YouTube Cohen Film Collection

Dans cette œuvre volontairement provocatrice, il n’eut pas vraiment besoin de forcer son talent.

En fait, il jouait son propre rôle … Et a continué toute sa carrière sur le même mode.

Un simple prédateur sexuel

Vous aurez aisément compris que je ne suis admirateur ni de Johnny Hallyday ni de Gérard Depardieu. Ce n’est, cependant, pas une raison suffisante pour les pousser sous le train (encore que).

Revenons au début du présent article : Monsieur Depardieu est accusé de multiples agressions sexuelles, incluant un viol :

Note : pardon pour la longueur des titres.

Ce n’est ni une mauvaise blague, ni vraiment une surprise (même si cela a été longtemps caché) …

La justice tranchera

Un appui contreproductif

L’affaire est tellement sérieuse qu’un article de Wikipedia en Français lui est consacré :

Affaire Gérard Depardieu

Et elle l’est, suivant les critères de 2023 (après MeToo). C’est l’aspect tardif de cette prise de conscience collective qui est l’anomalie.

Il y a même une pétition en faveur de l’individu :

Propos obscènes de Gérard Depardieu : des artistes dénoncent un “lynchage” médiatique

Ironiquement, il me semble que ce que disent ces personnalité prestigieuses (en France, du moins), l’enfonce plus que ne l’aide.

Car il ne s’agit pas seulement de propos obscènes … Et d’autres professionnels ont une mémoire « différente » de ces évènements.

Mal barrés

La justice tranchera (et je le vois mal barré).

Au-delà de ce remue-ménage, il y a un aspect plus relevant que les autres à cet évènement.

Voir tous ces gens s’accrocher à des symboles d’un passé qui mérite d’être réformé est déprimant et inquiétant. La réflexion est-elle une activité en voie de disparition en France ?

Le fait que notre grand ami Manu vole au secours du « pauvre » Gérard Depardieu est symptomatique :

Affaire Gérard Depardieu : Emmanuel Macron évoque “une chasse à l’homme” et un acteur qui “rend fière la France”

Quel dommage que cette chasse à l’homme soit le fait de la justice française, n’est-ce pas Manu Monsieur le président ?

Comme on dit chez moi : “mejor malo conocido que bueno para conocer”.

Voilà une attitude peu digne de l’élite intellectuelle d’un pays.

Gérard Depardieu : France décadente